Le journalisme dans tous ses Etats

Quand la Grèce part en live

In News on 14 février 2012 at 01:14

Vous n’êtes certainement pas sans connaitre l’information principale d’hier soir: les rues d’Athènes qui s’enflammaient littéralement, alors que le Parlement votait au même moment l’adoption d’un nouveau plan d’austérité. Une bonne dizaine de bâtiments ont été incendiés par des grecs totalement épuisés par une situation économique invivable : banques, bibliothèque ou encore magasin Starbucks en proie aux flammes… Beaucoup d’images impressionnantes circulaient sur internet. Et étant donné l’ampleur de l’événement, bon nombre de sites permettaient de suivre en live les événements de la soirée. L’occasion de revenir sur cette nouvelle tendance du journalisme web qu’est le live.

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Twitter est bien sûr l’un des premiers moyens pour suivre un événement en live. Ici, il était possible (et il l’est toujours d’ailleurs) de suivre les faits grâce notamment aux hashtag #Grèce (voir diapo ci-dessus), #greece ou encore #athens. Hier soir, le fil Twitter #Grèce proposait par exemple un suivi très copieux de l’actualité grecque à raison d’une bonne vingtaine de tweets par minute... De quoi attraper une indigestion et finir par ne plus rien suivre et ne plus rien comprendre du tout. Face à ce flot trop important, trop brouillon et trop aléatoire des informations trouvées sur Twitter, certains prennent donc l’initiative de faire le tri à travers Storify, comme Pete Cashmore l’a fait au sujet de cette fameuse nuit grecque. Et il n’est pas le seul : les storify sur les émeutes grecques de la nuit passée sont très nombreux. En quelques mots, Storify permet de créer des histoires (stories) en utilisant les réseaux sociaux :

« Create stories using social media. Turn what people post on social media into compelling stories. Collect the best photos, video, tweets and more to publish a story. »
(présentation proposée par le site Storify lui-même)

Au delà des réseaux sociaux, plusieurs sites d’information proposaient cette nuit là un suivi des événements en direct, comme OkeaNews (un média web indépendant installé au coeur d’Athènes et géré par un expatrié amoureux de la Grèce : cf. le commentaire d’Okeanos à la fin de cet article) qui mettait à disposition des lecteurs un live, mais ce depuis le 10 février, ayant senti la tension monter d’un cran… En tout, ce média web a réalisé 5 articles live : un pour le 10 février, un pour le 11 et trois pour la journée cruciale du 12 (voir diapo). Le site proposait également à ses lecteurs de participer en direct via les hashtag Twitter #10fgr, #11fgr et #12fgr.

« Aujourd’hui et tant que la situation le nécessitera, OkeaNews suivra et partagera les évènements. Les évènements peuvent être suivi via twitter avec le hashtag #10fgr. Rafraîchissez cette page régulièrement pour voir les mises à jour. »

Citons également AthensNews, le plus vieux journal anglophone en Grèce, qui permettait aussi de suivre en direct la nuit du 12 au 13 février 2012. Le site de ce journal proposait donc un compte rendu (hyper) détaillé de la situation, presque minute par minute à certains moments. (cf. diapo où l’on voit que l’info est actualisée à 15h10, puis 15h12, 15h14, 15h15…)

On le voit bien avec cet exemple de la Grèce : le live est devenu une forme journalistique très répandue chez les médias web qui s’en servent pour couvrir les événements les plus importants, minute par minute, heure par heure. Une nouvelle pratique journalistique tellement répandue qu’un outil spécialement destiné au live blogging (qui consiste à commenter en temps réel un événement sur une plate-forme permettant un contenu multimedia) a été créé : Cover it live. En ce moment même se termine par exemple un live sur le troisième épisode de l’émission Top Chef 2012. Cet outil est aujourd’hui de plus en plus utilisé par les médias en ligne. Lemonde.fr en a offert un très bon exemple en juin 2011 à l’annonce de la mise en détention provisoire de DSK : un journaliste avait alors créé un live de deux jours dans lequel il faisait vivre (à travers des images, des vidéos, des explications concrètes) et analysait cette décision de mise en détention provisoire. Les lecteurs pouvaient alors poser leurs questions au journaliste : un échange très constructif avait ainsi eu lieu.


Démo de Cover it Live

Pour résumer, le live journalisme peut prendre plusieurs formes, comme le live-tweet, le live-blogging ou même l’article évolutif. Les clés du succès de cette nouvelle pratique journalistique ? L’excitation du direct (l’impression de suivre en live un événement qui pourrait bien devenir historique), la possibilité de commenter, voire même de participer à la construction de l’information en posant des questions pertinentes capables de nourrir le débat ou d’entrainer plus de précisions de la part du journaliste…

« Un format également révélateur des nouvelles pratiques des internautes: ils vont sur des sites d’info pour suivre des événements en direct lorsqu’ils sont au bureau, et interroger en direct le journaliste qui le « couvre ». Le soir, ils commentent depuis leur laptop ou leur smartphone une émission qu’ils suivent sur leur téléviseur. »
Capucine Cousin, journaliste à « Stratégies »

Beaucoup de grands événements internationaux de 2011 ont déjà été couverts en live par les médias en ligne : le printemps arabe, ou encore le séisme au Japon qui a tout de même fait l’objet de 5 jours de live au monde.fr… Et ce nouveau format du journalisme web n’en est qu’à ses débuts !

Vodpod videos no longer available.
  1. Bonjour.

    Pour info, OkeaNews est un site français, géré par un expatrié amoureux de la Grèce et en colère face à la désinformation générale sur le sujet de la Grèce. Car il est complexe de comprendre la situation grecque et les médias (grecs et étrangers) ne rapportent bien souvent que les images chocs et les émeutes, sans vraiment préciser qu’une grande majorité de grec subit la situation et n’a pas le droit de manifester sans être constamment agressé par les forces de l’ordre.

    Okeanews reviendra d’ailleurs sur ce sujet aujourd’hui en proposant 3 courts témoignages de manifestant(e)s présents ce dimance 12 février 2012 place Syntagma.

    Okeanos

  2. Bonjour,

    Merci beaucoup pour ces précisions.
    Je renvoie maintenant à votre commentaire dans mon article.

    Bien cordialement,

    Lucile Jeanniard

  3. L’année dernière j’ai suivi en direct sur lemonde.fr les deux français enlevés au Niger et tués à la frontière du Mali (encore plus choquant en direct…)

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