Le journalisme dans tous ses Etats

Les 3 p’tits cochons à la sauce du Guardian

In News on 11 mars 2012 at 23:49

Le 29 février dernier, le Guardian lançait sa nouvelle pub… Une publicité pas comme les autres puisqu’elle revisite un vieux conte de fée: les trois petits cochons. L’objectif ? Créer un buzz afin d’attirer l’attention des lecteurs sur le fait que le Guardian est très en pointe au niveau des nouvelles technologies. Et la stratégie a fonctionné puisque cette vidéo a fait grand bruit sur le web.

Avant de voir la version du journal britannique le Guardian, regardons d’abord la version « traditionnelle ». Ici nous avons celle de Walt Disney (de 1933 quand même!). Juste pour le plaisir…

Mais passons aux choses sérieuses : place maintenant à la version actuelle du Guardian…

Finalement, ces deux vidéos sont bien à voir l’une à la suite de l’autre. Vous aurez remarqué que le Guardian a pris soin de commencer son histoire là où se terminait la précédente. Il s’agit en fait, non pas d’une version revisitée, mais d’une suite. Dans un monde moins féérique et plus réaliste que celui de la version originale, le « grand méchant loup » serait mort ébouillanté dans la marmite. Le Guardian est donc parti de ce constat pour créer un fait divers, couvert par le journal évidemment.

Mais l’intérêt de cette vidéo ne se trouve pas seulement dans le buzz qu’elle a créé sur la twittosphère (grâce bien évidemment à la reprise du conte de fée). Non, le réel intérêt de cette vidéo se trouve plutôt dans le contenu même de celle-ci. Et plus précisément dans la façon dont le Guardian suit le fait divers des trois petits cochons : en mettant en avant l’« open journalism » qu’a choisi de développer le journal pour faire face à la crise de la presse écrite.

Capture d'écran du spot publicitaire

« The Guardian : a world of news at your fingertips. »
(Rédacteur en Chef du Guardian : Alan Rusbridger)

À travers ce spot publicitaire, diffusé pour la première fois le 29 février dernier sur Channel4, le Guardian met en avant la grande interaction que le journal entretient avec ses lecteurs. Et ce grâce aux nouveaux supports numériques, ou plutôt grâce à la convergence des supports médiatiques que le Guardian a mis en place. Pour tenter de trouver la clé de ce fait divers, les journalistes vont être aider par les lecteurs eux-mêmes : les trois petits cochons ont-ils tués le loup de sang froid ou était-ce de la légitime défense? Une enquête interactive commence. Les internautes participent via Facebook et Twitter. Ils postent des commentaires, répondent à des sondages (« Tuer un intrus n’est-il pas justifié? »).

Capture d'écran du spot publicitaire

« This isn’t right. The three little pigs are the victims. »
(Témoignage d’une internaute dans le spot publicitaire)

Les différents supports médiatiques du Guardian

Travailler avec les citoyens pour enrichir l’info de témoignages, avoir une vision complète et précise de l’affaire grâce aux différents points de vue apportés par les citoyens, c’est ce que le Guardian cherche à développer depuis quelques mois. Et pour cela, les nouveaux supports numériques sont indispensables : l’application Facebook, l’application iPad, la plateforme de datajournalisme (servant à partager des données en les mettant en forme pour les rendre plus accessibles), le TagBot sur Twitter (qui répond aux questions des twittos), le site nOtive (une plateforme participative d’info locale), la Newslist (la liste, ouverte aux internautes, des différents sujets prévus par le journal) et depuis peu le NewsDeskLive (une version plus approfondie de la Newslist, lancée le 30 janvier dernier)… Tous ces supports permettent aux lecteurs d’interagir avec le journal afin de contribuer à la fabrique de l’information. Et pour Alan Rusbridger, cet « open journalism » est la meilleure issue de secours possible pour la presse écrite face à l’ère digitale.

« The technology team work out the best way for a newspaper’s content to be shared, distributed and connected as easily as possible. […] The newspaper is moving beyond a newspaper. Journalists are finding they can give the whole picture better. Over a year the readership grows – a little in print, vastly in digital. This is what we mean by open. »
(Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian)

Capture d'écran du spot publicitaire

Avoir une vision complète (« the whole picture ») de l’actualité grâce à tous les supports que propose maintenant le Guardian, c’est cela que revendique le journal, grâce à un traitement journalistique spécifique pour chaque support. Chacun d’eux apporte quelque chose à l’info. Avec ce spot publicitaire, le Guardian cherche à démontrer sa capacité à vivre à l’ère digitale. Le modèle unique du papier est terminé et ce média l’a bien compris. Et ce depuis le 16 juin dernier, jour où le Guardian annonce qu’il part à la conquête du numérique pour se refaire une santé. Il lançait alors sa « digital-first strategy ».

Pour aller plus loin, un dossier d’Horizons Médiatiques sur le Guardian 2.0.
Mon pearltree sur le sujet.

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